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“Personne ne comprend vraiment ce que je vis” : la réalité des belles-mères en famille recomposée . Être incomprise ... et se sentir incomprise

“Personne ne comprend

vraiment ce que je vis” :

La réalité des belles-mères en famille recomposée

Être incomprise...et se sentir incomprise

Depuis plusieurs années, j’écoute des belles-mères.

Et il y a une phrase qui revient souvent.

“Personne ne comprend vraiment ce que je vis.”

Et souvent, elles finissent même par arrêter d’essayer d’expliquer !

Parfois elles le disent en riant.
Parfois avec lassitude.
Parfois avec des larmes.

Des larmes qui apparaissent aussi souvent lorsqu’elles trouvent enfin un espace où elles peuvent dire ce qu’elles vivent sans être jugées !

Elles ont essayé d’expliquer.

À leur conjoint.
À leurs proches.
À leurs amies.
À leurs psy.

Et très souvent, la réponse ressemble à ça :

"Tu savais qu’il avait des enfants."

Comme si cette phrase pouvait résumer toute une réalité.

Avec le temps, j’ai compris quelque chose d’important.

Les belles-mères vivent souvent deux mouvements en même temps.

D’un côté, elles sont réellement mal comprises.
De l’autre, elles finissent par se sentir profondément incomprises.

Ces deux réalités ne sont pas exactement les mêmes.

Mais elles s’alimentent l’une l’autre.

Ce que vivent les belles-mères est souvent beaucoup plus complexe que ce que les autres imaginent.

Et c’est souvent ce décalage : entre la complexité de ce qu’elles vivent et la simplicité avec laquelle on le regarde qui crée cette impression d’être incomprise.

Dans cet article, j’aimerais justement mettre en lumière ce qui reste souvent invisible dans ce que vivent les belles-mères, autrement nommées les "marâtres", les "belles-doches", ou encore "celle qui n'est rien".

Parce que parfois, reconnaître la complexité de cette place…


c’est déjà permettre à celles qui la vivent de se sentir un peu moins seules, et un peu plus légitimes dans ce qu’elles ressentent. 🦔

Un rôle encore chargé de représentations

Dans l’imaginaire collectif, la belle-mère porte une histoire.

Dans de nombreux contes et récits populaires, la belle-mère est associée à la figure de la marâtre :

dure, jalouse, dirigiste, contrôlante et menaçante pour l’enfant.

Même si ces représentations ne correspondent évidemment pas à la réalité de la plupart des familles, elles continuent d’exister quelque part dans notre inconscient collectif.

Résultat : la belle-mère peut parfois être regardée avec une certaine suspicion avant même d’avoir parlé.
Certaines ont même très peur de devenir "la mauvaise" et jugent chacune de leurs pensées, actes, sous ce prisme.

Et cette suspicion rend l’expression de ses difficultés beaucoup plus délicate.

Là où un parent biologique peut exprimer sa fatigue, son agacement ou ses doutes sans que sa légitimité soit remise en question, la belle-mère sent souvent qu’elle doit être irréprochable.

Sinon, elle risque d’être jugée / de se juger.

La famille recomposée :
un système relationnel beaucoup plus complexe


En approche systémique, la famille est considérée comme un système relationnel :

un ensemble de liens où chacun influence les autres.

Les comportements, les émotions et les tensions ne viennent jamais d’une seule personne.


Ils émergent de l’équilibre du système dans son ensemble.

Dans une famille recomposée, ce système devient naturellement plus complexe.

On y trouve souvent :

plusieurs foyers
des parents séparés
un nouveau couple
des décisions éducatives qui se prennent à plusieurs endroits
des loyautés multiples pour les enfants
des histoires familiales qui continuent d’exister en parallèle

Autrement dit, il ne s’agit plus d’un seul système familial…


mais de plusieurs systèmes qui doivent apprendre à coexister.

La belle-mère arrive alors dans un système déjà structuré par des liens, des habitudes et des équilibres relationnels .

Elle doit trouver sa place entre :

le couple qu’elle forme avec son partenaire
les enfants et leurs loyautés envers leurs deux parents ainsi que leurs blessures
l’ex qui reste une figure présente du système
et toute l’histoire familiale qui précède son arrivée...

Or cette place n’a souvent aucun cadre clairement défini.

La belle-mère n’est pas la mère.
Mais elle n’est pas non plus une simple personne extérieure.

Elle est impliquée dans le quotidien,
sans toujours avoir une légitimité claire dans les décisions ou dans l’organisation familiale.

En systémie, on parle d’ambiguïté de rôle et de frontières floues.

Autrement dit : les attentes envers la belle-mère ne sont pas toujours explicites, et sa place peut varier selon les situations.

Cette zone intermédiaire : ni complètement dedans, ni complètement dehors , crée souvent beaucoup de malentendus.

Et ce qui se joue à cet endroit est difficile à voir de l’extérieur !

C’est l’une des raisons pour lesquelles la réalité vécue par les belles-mères est si souvent mal comprise.

Une place paradoxale :
impliquée mais pas toujours reconnue

Beaucoup de belles-mères vivent un paradoxe particulier.

Elles participent pleinement au quotidien :

  • organisation familiale

  • gestion de la maison

  • présence auprès des enfants

  • soutien émotionnel du conjoint

  • gestion des tensions familiales

Autrement dit, elles font partie du fonctionnement concret de la famille !

Mais lorsqu’il s’agit de certaines décisions, elles peuvent entendre :

"Ce ne sont pas tes enfants."

Bien sûr, l’éducation appartient aux parents.

Mais dans la réalité quotidienne, les décisions éducatives ont souvent des conséquences directes sur la vie de la belle-mère (et des autres enfants du foyer)

Par exemple :

  • l’acceptation ou non d’un téléphone

  • les règles autour des écrans

  • les valeurs transmises aux enfants

  • les changements de temps de garde

  • l’organisation du quotidien à la maison

Toutes ces décisions influencent l’ambiance familiale, les règles de vie, l’équilibre du foyer.

Et pourtant, lorsqu’une belle-mère exprime ce que cela lui fait vivre, on lui rappelle parfois qu’elle doit rester à sa place.

La belle-mère se retrouve alors dans une position paradoxale.

Elle est suffisamment impliquée pour subir les conséquences des décisions,
mais pas toujours suffisamment reconnue pour pouvoir participer à la réflexion ou exprimer ce que cela lui fait vivre.

Ce déséquilibre est souvent difficile à percevoir pour l’extérieur !

De l’extérieur, la situation paraît simple : les parents décident pour leurs enfants.

Mais de l’intérieur, la belle-mère peut avoir le sentiment de vivre dans un cadre qui impacte sa vie quotidienne… sans toujours avoir de prise sur ce qui s’y joue.

Elle se retrouve dépendante de son compagnon/sa compagne pour se sentir prise en compte, sauf qu'ils ne comprennent pas toujours l'enjeu de cette situation.

Cette réalité fait partie de ces expériences souvent mal comprises dans la belle-mèrité.

Et lorsque ce décalage se répète, il peut progressivement créer :

  • de la frustration

  • un sentiment d’insécurité dans sa place

  • et parfois même fragiliser la confiance au sein du couple.

Parce que ce qui est en jeu n’est pas seulement une décision ponctuelle.

C’est aussi la question, plus profonde, de la place que la belle-mère peut réellement occuper dans la famille.

Le sentiment d’être la deuxième,
de passer "après".

Un vécu revient très souvent dans les témoignages de celles que j'accompagne :

le sentiment d’être la deuxième.

Deuxième après les enfants.

Mais parfois aussi derrière :

l’ex-partenaire
le passé
...


Avec des pensées de comparaison.

Ce ressenti est souvent mal compris de l’extérieur.

Parce que dire cela ne signifie pas vouloir prendre la place des enfants !
Ni remettre en cause leur importance.

Cela ne veut pas dire non plus vouloir entrer en compétition avec l’ex.

Ce que cela vient souvent toucher est ailleurs.

La place de belle-mère peut être vécue comme une place fragile.

Contrairement à la place d’un parent, cette place peut donner l’impression de ne jamais être complètement sécurisée.

Et cela peut faire naître une insécurité intérieure.

La peur de ne pas vraiment compter.
La peur que tout puisse basculer si les relations se détériorent.

Et cette insécurité peut exister même lorsque les relations se passent bien.

Car une belle-mère peut s’attacher profondément aux enfants…
tout en sachant que ce lien dépend en grande partie de la relation de couple.

Et qu’en cas de séparation, elle pourrait les perdre du jour au lendemain.

Elle se sent être "celle d'à côté".

Cette réalité est rarement visible pour l’extérieur.

Mais intérieurement, elle peut venir toucher des besoins très fondamentaux :
se sentir en sécurité,
se sentir reconnue,
et avoir la sensation d’appartenir pleinement à la famille.

Quand la souffrance des enfants…
et du parent les traverse

Certaines belles-mères ne souffrent pas seulement de ce qu’elles vivent directement.

Elles sont aussi profondément touchées par ce que vivent les enfants.

Les conflits de loyauté.
Les tensions entre parents.
Les séparations difficiles.
Les enfants pris au milieu de conflits qui les dépassent.

Et il n’y a pas que les enfants.

Beaucoup de belles-mères sont aussi témoins de la souffrance/des difficultés de leur conjoint.

Les procédures judiciaires longues et épuisantes.
Les accusations.
Les attaques .
Les menaces.
Les tensions permanentes.
Parfois même des formes de violence relationnelle.

Elles voient leur partenaire lutter, se défendre, essayer de protéger ses enfants.

Et elles sont là, à côté.

À soutenir.
À écouter.
À contenir.

Alors qu'elles aimeraient, elles aussi, se sentir protégée, écoutée, soutenue.


En psychologie, on parle de trauma vicariant : le fait d’être profondément affecté par la souffrance de personnes auxquelles on est exposé de manière répétée.


Cela me fait penser à ce que je vois chez beaucoup de belles-mères : elles portent la souffrance des enfants, la détresse du conjoint et les tensions permanentes du système familial.

Et pourtant, cette charge reste souvent invisible pour l’extérieur.

L'extérieur a plutôt tendance à avoir de l'empathie pour les parents, les enfants...
Mais la belle-mère aussi subit, souffre, est fatiguée !

Lorsque cette dimension n’est pas reconnue, la belle-mère peut avoir le sentiment que ce qu’elle porte émotionnellement n’est pas vu ni compris, ce qui renforce encore l’impression d’être seule face à ce qu’elle traverse, de n'être pas légitime, de devoir s'adapter se suradapter !

Pourquoi les belles-mères
finissent par se sentir incomprises…
et pourquoi c’est si important de les comprendre

Être mal comprise et se sentir incomprise ne sont pas exactement la même chose.

La première relève surtout de facteurs sociaux et relationnels.

La seconde touche à l’expérience intérieure.

Elle naît lorsque ce que l’on vit ne trouve pas vraiment d’espace pour être entendu, reconnu, ou simplement accueilli.

Dans la belle-mèrité, beaucoup de ressentis émotionnels sont ambivalents et donc complexes.

On peut aimer les enfants ET être agacée.
On peut vouloir que la famille fonctionne ET se sentir épuisée.
On peut être profondément engagée ET douter de sa place.

On peut jalouser ET se sentir honteuse.
On peut avoir de la colère contre l'ex ET ressentir de la sororité...etc

Cette ambivalence est humaine.

Mais elle dérange souvent et elle n'est pas comprise !

Parce que notre société préfère les émotions simples.


Les rôles clairs.
Les histoires faciles à comprendre.

Alors cette complexité est parfois réduite à des phrases comme :

"Tu savais."
"C’est normal."
"Ce sont ses enfants."
"C'est toi l'adulte"
"Quand on prend l'arbre on prend les branches"
"T'es trop sensible"

Ces phrases cherchent souvent à rassurer ou à simplifier.

Mais lorsqu’elles sont répétées, elles peuvent produire l’effet inverse.

Elles donnent le sentiment que ce qui est vécu intérieurement n’a pas vraiment le droit d’exister.

Et c’est souvent là que naît le sentiment d’incompréhension.

Pas seulement parce que la situation est difficile.

Mais parce que l’expérience vécue ne trouve pas d’espace pour être reconnue.

Or, lorsqu’une expérience humaine reste longtemps invisible ou minimisée, elle ne disparaît pas.

Elle peut au contraire s’amplifier.

La frustration s’installe.
Les tensions dans le couple , dans la famille, peuvent augmenter.


Certaines belles-mères finissent par se taire, par se suradapter… ou au contraire par exploser.

Parce que derrière le besoin d’être comprise, il y a souvent quelque chose de plus profond.

Le besoin que la réalité de ce que l’on vit puisse exister dans la relation.

Comprendre la belle-mèrité n’est donc pas seulement une question de curiosité ou d’empathie.

C’est aussi une manière de rendre possible des relations plus justes et plus apaisées.

Parce que lorsque ce qui se joue est enfin nommé, reconnu et compris… avec justesse, dans le respect de la complexité et des enjeux vraiment vécus,

il devient beaucoup plus facile d’en parler, de chercher des équilibres, et de construire une place qui respecte chacun.

Comprendre la belle-mèrité,
c’est accepter sa complexité

Si tu es belle-mère et que tu as déjà pensé :

“Personne ne comprend vraiment ce que je vis.”

ce n’est pas parce que tu es trop sensible.

Ce n’est pas parce que tu exagères.

Et ce n’est pas non plus parce que tu serais “le problème”.

C’est souvent simplement parce que la place que tu occupes
est l’une des places les plus complexes à habiter dans une famille.

Une place à la fois dedans… et parfois à côté.

Une place où l’on peut aimer profondément les enfants
tout en doutant parfois de sa propre place.

Une place où l’on peut s’impliquer dans la vie familiale
sans toujours avoir les mêmes repères ni la même légitimité qu’un parent.

Une place qui peut aussi réveiller des blessures anciennes, toucher des besoins d’appartenance et de sécurité… et faire émerger des émotions profondément ambivalentes.

Lorsque cette complexité n’est pas reconnue,

la réalité des belles-mères est souvent simplifiée, jugée ou ignorée.

Et c’est ainsi que beaucoup passent progressivement de l’expérience d’être mal comprises

à un sentiment plus profond encore :

celui d’être incomprises dans ce qu’elles vivent réellement.

Pourtant, la belle-mèrité n’est pas un problème individuel.

C’est une place relationnelle particulière, au croisement des loyautés familiales, des attachements et des histoires de chacun.

Et tant que cette réalité restera invisible, beaucoup de familles continueront à essayer de résoudre des tensions… sans comprendre ce qui se joue vraiment.

Peut-être que comprendre la belle-mèrité, au fond,

ce n’est pas seulement comprendre les belles-mères.

C’est accepter de regarder la famille recomposée dans toute sa complexité.

Et reconnaître enfin que ce que vivent celles qui habitent cette place
mérite d’être vu, pensé… et pris au sérieux, pour le bien-être de tous.

Alors si tu es belle-mère, tu n'es pas folle, tu n'es pas seule, tu n'es pas le problème.

Sarah de La Douceur des Hérissons 🦔
Thérapeute et psychopraticienne spécialisée dans l'accompagnement

des belles-mères en famille recomposée

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