Belle-mère en famille recomposée : comprendre et surmonter les difficultés liées à l'ex

APPROCHE CLINIQUE - BELLE-MÈRE - FAMILLE RECOMPOSÉE - EX

De l'entente amicale à la non-relation,
de la tension froide au conflit ouvert jusqu'aux situations de violence ou d'objetisation des enfants ,
une réalité bien plus complexe qu'on ne le dit.

Un sujet central en famille recomposée,
trop souvent tu ou mal compris.



⏱ 12 min de lecture

Par Sarah De La Douceur Des Hérissons,
Thérapeute spécialisée auprès des belles-mères en famille recomposée

212 000

Belles-mères en France,
un rôle peu représenté
et encore moins reconnu


INSEE, 2019

+
impliquées


Les belles-mères assument davantage de tâches parentales que
les beaux-pères,
à exposition égale


DREES, 2023

+
de stress

Les belles-mères rapportent plus de stress parental et de symptômes dépressifs que les mères biologiques


Étude américaine,
75 belle-mères.
Toutes les personnes que j'ai accompagné
me disent que ce rôle est plus difficile
que celui de mère.

OBSERVATION CLINIQUE

Dans mes accompagnements, plus d'une femme sur deux est en difficulté et en souffrance par rapport à la relation avec la mère de leurs beaux-enfants.

Ce chiffre, issu de ma pratique quotidienne depuis plus de six ans, dit quelque chose d'essentiel :
ce n'est pas un cas isolé, ce n'est pas une fragilité personnelle, c'est un sujet à part entière qui mérite d'être traité avec la précision et la profondeur qu'il exige.

Pourquoi est-ce si fréquent ?
Plusieurs hypothèses coexistent, et elles ne s'excluent pas.

La rivalité féminine est souvent la première avancée. Deux femmes, un même homme, des mêmes enfants à aimer différemment, une même place à occuper sans qu'aucune des deux n'ait demandé à partager quoi que ce soit. Il y a sans doute quelque chose de vrai là-dedans, mais s'arrêter à cette explication, c'est réduire une réalité bien plus complexe à un cliché...

L'inconscient collectif pèse lourd. La belle-mère traîne depuis des siècles l'image de la marâtre cruelle, intéressée, menaçante pour les enfants de l'autre. Cette figure est tellement ancrée dans les contes, la littérature, les représentations collectives, qu'elle précède la belle-mère réelle avant même qu'elle ait dit ou fait quoi que ce soit. Elle arrive dans cette famille avec ce fantôme sur les épaules.

Et l'ex consciemment ou non peut activer cette image, s'y appuyer, la retourner contre elle, par peur.

La supposée "voleuse" est une autre projection socialement tenace.
La nouvelle compagne est souvent perçue, dans les représentations et parfois dans la réalité du conflit, comme celle qui a "pris" l'homme, qui "vole" une place auprès des enfants, qui "remplace" ce qui ne peut pas être remplacé (et on exclue alors la choix et la responsabilité du père et le fait que ni lui, ni les enfants sont des choses que l'on possède).

Même quand c'est objectivement faux. Même quand la séparation précède la relation de loin. Cette projection peut venir de l'ex elle-même, des enfants, de l'entourage et elle s'installe comme une vérité dans le système familial avant d'avoir été examinée.


Et au centre de tout ça : lui.
Le conjoint n'est pas un spectateur de cette dynamique il en est le pivot. C'est autour de lui que les projections s'organisent, c'est à travers lui que les deux femmes sont reliées, c'est souvent sur lui que repose l'équilibre -- ou le déséquilibre -- de l'ensemble.

Il est celui que l'ex a aimé, celui dont elle a eu des enfants, celui qu'elle a peut-être perdu ou quitté avec une douleur non résolue. Et il est celui que la belle-mère aime, avec lequel elle construit, auprès duquel elle cherche une place sécure.

Ces deux réalités coexistent , et créent une tension structurelle que ni la bonne volonté ni l'amour ne suffisent à dissoudre.

La place sacrée de la mère dans notre société crée une asymétrie fondamentale. La maternité est culturellement intouchable, irremplaçable, centrale.
La belle-mère ne peut pas "être mère" de ces enfants et pourtant, dans certaines configurations, elle en assume les tâches.

Elle est dans un entre-deux permanent : trop impliquée pour être une étrangère, pas assez légitime pour être reconnue. Et en face d'elle, une femme dont la place, elle, est socialement protégée.

Les injonctions contradictoires adressées aux femmes dans les rôles familiaux font le reste. On attend de la belle-mère qu'elle s'implique , mais pas trop. Qu'elle aime les enfants, mais sans empiéter.
Qu'elle soutienne Monsieur, mais sans interférer avec la co-parentalité. Qu'elle accepte la présence de l'ex mais sans se plaindre.

Ces injonctions créent une tension permanente entre ce qu'elle ressent et ce qu'elle est "censée" ressentir.

Et Monsieur, lui, se retrouve souvent pris dans cet étau sans savoir comment tenir les deux bouts, ce qui génère ses propres blocages, son propre épuisement, et parfois son propre repli.

Rivalité féminine, projections collectives, place sacrée de la mère, suppositions de voleuse, et un homme au centre de tout cela qui porte lui aussi quelque chose de lourd ... tout cela se superpose et s'entremêle.

Il n'en est pas moins que ce sujet est un vrai sujet.
Et qu'il mérite d'être regardé en face.

DANS CET ARTICLE

Ce que vivent les belles-mères
et pourquoi ce sujet mérite d'être pris au sérieux


Les contacts quotidiens qui envahissent votre espace.


Les échanges qui débordent largement du cadre des enfants.

Le sentiment de vivre en "trouple" .

Mais aussi, pour d'autres : les exigences imposées sans votre consentement, les menaces, les chantages, les enfants pris en otage entre les adultes, la diffamation, la violence.

Des réalités très différentes en apparence.

Peu importe où vous vous situez dans ce spectre :
ce que vous vivez n'est ni anecdotique ni irrationnel.

Et vous n'avez pas à le minimiser pour que les autres le comprennent.


En famille recomposée, la relation avec l'ex de votre conjoint est l'un des sujets les plus fréquents dans les accompagnements et l'un des plus mal compris à l'extérieur.

On vous dit de "faire avec", de "prendre sur vous", de "ne pas être jalouse" ou encore de "lâcher prise".

Mais personne ne vous parle de ce qui se joue réellement sous ces situations et de comment faire.

Ce n'est pas une question de caractère.

Ce n'est pas parce que vous êtes "trop sensible", "trop jalouse", "trop fragile".

Ce qui se passe est à la fois plus complexe et, en un sens, plus rassurant que ça.

Dans mes accompagnements, je rencontre des configurations très différentes de l'entente apparemment amicale aux situations de violence, de diffamation, ou d'objétisation des enfants (aussi appelé aliénation parentale).

Chacune génère ses propres difficultés, souvent invisibles de l'extérieur, souvent minimisées y compris par celles qui les vivent.



"La sonnerie de téléphone m'angoisse,
me paralyse si je sais que c'est elle...
ça me coupe."

"On était en voyage de noce dans une île paradisiaque... et moi, je pensais qu'il avait déjà vécu des choses comme ça avec elle."

"Elle a de l'emprise sur mon homme, sur mon couple, sur ma vie.
Je veux que ça s'arrête."

"J'ai l'impression que ma vie, mon bien-être, dépend d'elle, je me sens impuissante."


Ces phrases traversent des réalités très différentes.

Mais elles ont un point commun :
une souffrance réelle, profonde, et souvent portée seule.


Un système,
pas un problème isolé


La relation avec l'ex en famille recomposée, c'est comme une toile d'araignée.

Chaque fil est relié aux autres :
la jalousie, les peurs, le rôle parental, la place de chacun, les blessures invisibles.

Et à chaque fois qu'on touche un fil, c'est toute la toile qui se met à vibrer, à bouger, à emprisonner parfois dans des émotions contradictoires et puissantes.

La systémie nous enseigne que dans un système familial, rien n'existe de façon isolée.
Ce que vous ressentez face à l'ex n'est pas une réaction disproportionnée à un comportement extérieur.

C'est la résultante de plusieurs niveaux qui interagissent en permanence et qui se renforcent mutuellement.

NIVEAU 1

Ce qui se joue en vous

Votre histoire personnelle, vos blessures d'attachement, votre rapport à la légitimité et à votre confiance et votre estime de vous, votre sécurité (si vous avez plutôt une sécurité intérieur ou extérieure).

Ce niveau est le plus intime et le plus accessible à la transformation, à une évolution qui vous permet de ne plus avoir le sentiment de "subir", parce qu'il est le seul sur lequel vous avez un pouvoir direct.

NIVEAU 2

Ce qui se joue dans le couple

La dynamique avec Monsieur, ses propres peurs et contraintes, la difficulté à se positionner clairement entre vous et l'ex, la culpabilité, les peurs, les non-dits qui s'accumulent.

Ce niveau est essentiel , mais il ne peut pas porter à lui seul la résolution de ce que vous vivez.


NIVEAU 3

Le système élargi

L'ex avec sa propre histoire et ses propres blessures, les enfants pris entre plusieurs loyautés, les injonctions sociales contradictoires, l'absence de statut juridique du beau-parent, la place culturellement floue de la belle-mère, les différentes procédures judiciaires...

Ce niveau pèse , mais vous n'avez pas de prise directe sur lui.

De l'entente amicale
à la violence :
toutes les configurations existent

Une chose que j'observe depuis des années dans mes accompagnements :

Il n'existe pas une seule façon de vivre la relation avec l'ex.

Les configurations sont extrêmement variées.. et chacune génère ses propres difficultés, souvent très spécifiques, souvent incomprises de l'entourage ( parfois même du compagnon).

Ce spectre va de l'entente amicale, de l'entente en apparence, à l'ignorance, allant jusqu'aux situations de violence physique, verbale ou de diffamation.

Et ce qui est frappant, c'est que même les situations qui semblent "bien se passer" ne sont parfois pas sans souffrance pour la belle-mère.

Et beaucoup viennent m'en parler avec honte, en me disant que "elles ne sont pas à plaindre".

Alors si vous me lisez et que vous êtes dans ce cas, vos ressentis ont le droit d'exister aussi !

ENTENTE


L'ex et Monsieur s'entendent bien, communiquent régulièrement, partagent les décisions parentales.
En surface, c'est "la situation idéale".

Mais pour la belle-mère, cette entente peut générer un sentiment profond d'exclusion, de trop-plein de leur présence commune, voire l'impression de vivre en "trouple" sans que personne autour d'elle ne comprenne pourquoi elle souffre.

Si elle a elle-même des blessures, un manque de confiance et d'estime d'elle-même, une sécurité qui n'est pas interne, alors elle peut ressentir de la jalousie, de la peur, une souffrance sourde et profonde.

--> Rassurez-vous, depuis 6 ans que j'accompagne des belles-mères dans ces situations, je peux vous dire que c'est aussi une belle occasion de vous guérir et de vous renforcer !

NON-RELATION


L'ex et/ou la belle-mère s'ignorent complètement , aucun contact, aucune reconnaissance de son existence, parfois même en présence des enfants.


Parfois cette posture convient aux deux et tout se passe bien.

Parfois, ce silence peut sembler moins grave qu'un conflit ouvert mais génère pourtant ses propres difficultés : un sentiment d'invisibilité, d'inexistence dans ce système familial.

TENSION FROIDE

Pas de conflit ouvert, mais une présence pesante.

L'ex qui s'invite dans les conversations, qui connaît tout de la vie privée via les enfants, qui pose des exigences sans jamais les nommer clairement.

Une tension diffuse qui épuise précisément parce qu'elle est difficile à nommer et à légitimer.

CONFLIT OUVERT

Comportements intrusifs, manipulation, non-respect des décisions du JAF, tentatives de déstabiliser le couple ou d'isoler Monsieur de ses enfants.

La belle-mère se retrouve souvent en première ligne d'un conflit qui ne la concerne pas directement , mais qui impacte profondément sa vie quotidienne, son couple, sa famille, son énergie.

SITUATIONS GRAVES

Violence verbale, diffamation, harcèlement, et ce qu'on appelle l'objetisation de l'enfant , terme que je préfère à celui d'aliénation parentale, controversé, mais qui décrit la même réalité : l'enfant utilisé comme objet dans un conflit d'adultes, instrumentalisé pour blesser, contrôler ou déstabiliser.

Ces situations sont parmi les plus dévastatrices, pour les enfants, pour Monsieur, et pour la belle-mère mais aussi pour les autres enfants
( de la belle-mère ou nés de la recomposition )


Monsieur dans la toile :
un pilier majeur

Dans toutes ces configurations, il y a quelqu'un dont on parle pourtant si peu :
Monsieur (ou Madame pour les couples de femmes).

Il est au centre du système.
C'est à travers lui que la dynamique s'organise.
Et son positionnement , ou son absence de positionnement, a un impact direct et concret sur ce que vit la belle-mère au quotidien.

Dans mes accompagnements, je vois énormément d'hommes qui souffrent en silence dans ces dynamiques.

Des hommes qui ont peur , peur de perdre leurs enfants, peur que chaque conflit avec l'ex se retourne contre eux devant le juge, peut de se retrouver en difficulté financière, peur d'être perçus comme "le méchant" dans une séparation où les représentations sociales leur attribuent souvent ce rôle par défaut.

Mais qui culpabilisent aussi de ne pas réussir à protéger leur compagne...

"Il cède à tout ce qu'elle demande. Je ne comprends pas. C'est comme si elle avait encore le pouvoir sur lui."

"Il ne se bat pas pour ses droits.
J'ai l'impression qu'il subit tout et que c'est moi qui en paye le prix."


Ce que ces témoignages décrivent comme de la passivité ou de la faiblesse est souvent, cliniquement, autre chose :
un homme pris dans un étau entre plusieurs loyautés, plusieurs peurs, et un système judiciaire qui ne lui est pas toujours favorable.

La peur de perdre ses enfants


Chaque conflit devient une menace potentielle sur le lien avec ses enfants. Céder peut être une stratégie de survie, pas de l'indifférence.

Le sentiment d'injustice face au JAF


Beaucoup d'hommes séparés vivent un profond sentiment d'injustice face aux décisions judiciaires.

Se sentir systématiquement moins entendu, moins cru, moins protégé, avec des conséquences financières et parentales réelles.

La stigmatisation sociale


Dans les représentations collectives, le père, après une séparation est souvent perçu comme le responsable. Bien que bien sûr il existe des situations où le père ne prend pas ses responsabilités, il existe aussi de nombreux hommes qui assument et ne sont pas les "monstres" que l'on dit. Cette stigmatisation peut peser lourd et rendre encore plus difficile toute tentative de se positionner.

Les difficultés financières


Pension alimentaire, frais de résidence alternée, coûts juridiques en cas de conflit prolongé les séparations conflictuelles ont souvent un impact financier considérable qui fragilise l'ensemble du système familial recomposé. Beaucoup ont peur, même lorsque leurs droits ne sont pas respectés, de se positionner et de se retrouver en difficultés financières.

CE QUE CELA CHANGE POUR LA BELLE-MÈRE


Comprendre ce que Monsieur traverse ne signifie pas accepter leur positionnement (ou absence de positionnement).

Cela ne signifie pas non plus que votre souffrance est moins légitime que la sienne.

Cela signifie qu'il y a deux personnes en difficulté dans ce couple , pas une victime et un coupable.

Et que c'est depuis cette compréhension-là, et non depuis la confrontation, que quelque chose peut bouger.

ET SI VOUS ÊTES MONSIEUR ET QUE VOUS LISEZ CECI...

Ce que vous traversez mérite aussi d'être nommé.

La culpabilité liée à la séparation, la peur de perdre vos enfants, la difficulté à vous positionner, le sentiment d'être incompris des deux côtés ... tout cela est réel, et tout cela pèse.

Ce que j'observe dans mes accompagnements, c'est que quand ces questions ne sont pas travaillées : la culpabilité, la peur, le positionnement face à l'ex..
elles ne restent pas silencieuses.


Elles pèsent sur le couple, elles compliquent les prises de position, et c'est souvent la belle-mère qui en absorbe les conséquences .

À l'inverse, quand vous commencez à démêler vos propres peurs, à clarifier votre position face à l'ex, à sortir de la paralysie de la culpabilité , quelque chose se déplace dans tout le système.


Comment ? Parfois par une thérapie individuelle. Parfois par un travail de couple. Parfois simplement en commençant à nommer ce qu'on ressent à sa compagne, à un proche, à un professionnel. Il n'y a pas une seule voie. Mais il y en a une.

Vous êtes vous aussi un acteur central de ce système.
Et votre propre équilibre a un impact direct sur celui de tous, y compris le vôtre.


Quand l'ex a du pouvoir sur vous :
Et les stratégies pour tenir

Vous guettez ses messages.
Vous anticipez ses réactions.
Vous adaptez votre semaine à ce qu'elle va décider ou ne pas décider.

Votre humeur du matin dépend d'elle.
Votre week-end dépend d'elle.

Parfois même votre couple dépend d'elle.

C'est le signe que quelque chose s'est mis en place , progressivement, souvent sans que vous ne vous en rendiez compte , où l'ex a pris du pouvoir sur votre vie intérieure.

Et face à ça, le corps et l'esprit cherchent des façons de tenir.

Des stratégies se mettent en place.
Souvent sans en être consciente.

Des stratégies de survie...

Ces stratégies ont toutes un point commun :
elles cherchent la sécurité à l'extérieur.

Dans ce que l'ex va faire ou ne pas faire.
Dans ce que Monsieur va poser ou ne pas poser.
Dans ce que vous pouvez contrôler ou anticiper.

Mais une sécurité qui dépend de l'extérieur... ne tient pas.

La suradaptation


Tout faire pour que ça aille.
S'effacer pour maintenir la paix.
Anticiper les réactions, absorber les tensions, arrondir les angles.
Être compréhensive, flexible, disponible ... même quand vous êtes à bout.

Le retrait


Se mettre en retrait quand les beaux-enfants arrivent.
Éviter les situations qui font mal.
S'isoler progressivement , de la famille, du couple, parfois de soi-même.

La colère


Celle qui explose sans prévenir.
Celle qui ronge en silence.
Celle dont on a honte ,parce qu'elle se retourne parfois contre Monsieur, contre les enfants, contre soi-même.

Retrouvez mon article : "Belle-mère que faire de votre colère" sur ce sujet.

Le contrôle


Vérifier les messages de Monsieur.
Surveiller les réseaux sociaux de l'ex.
Vouloir tout savoir, du passé, du présent, de ce qui se dit quand vous n'êtes pas là.

Répondre à la place de Monsieur. Le contrôle est une tentative de reprendre du pouvoir. De ne plus être surprise. Mais il peut être un piège, parce que plus vous cherchez à contrôler, plus vous confirmez à vous-même que vous n'êtes pas en sécurité.

UNE SÉCURITÉ CONSTRUITE AU MAUVAIS ENDROIT


Ces stratégies sont des mécanismes de défense.

Elles se mettent en place automatiquement, pour protéger.
Et elles ont toutes un point commun :
elles cherchent la sécurité à l'extérieur.

Dans ce que l'ex va faire ou ne pas faire.
Dans ce qu'on peut surveiller, anticiper, contrôler.

Or une sécurité construite sur l'extérieur est, par définition, instable.
Elle dépend de variables qu'on ne maîtrise pas.
C'est précisément là que se joue le travail, construire une sécurité intérieure qui ne dépend plus de personne.


Vos émotions face à l'ex :
Une palette bien plus large qu'on ne le dit

L'une des choses les plus importantes que je veux dire ici : la palette des émotions liées à l'ex est bien plus large et bien plus nuancée que ce qu'on entend habituellement.

On parle de jalousie comme si c'était le seul registre.

En réalité, ce que vivent les belles-mères est d'une richesse et d'une complexité qui mérite d'être nommée avec bien plus précision et accompagné autrement que par ce prisme qui est tellement réducteur !

L'insécurité


L'ex représente un rappel constant de l'ancienne relation de votre conjoint. Elle peut faire vaciller le sentiment d'avoir une place réelle, légitime, durable dans cette famille, surtout quand Monsieur ne se positionne pas clairement.

Mais ce qu'elle réveille va souvent bien plus loin que la situation elle-même.

Votre rapport à vous-même , confiance en soi, estime de soi, sécurité intérieure , est mis en lumière.

Vos blessures aussi : peur de l'abandon, du rejet, de la trahison.

Et votre rapport aux autres, comment vous vous positionnez, comment vous vous reliez, comment vous vous protégez ou vous effacez.

Tout cela remonte à la surface.
Et en tant que thérapeute, je vais vous dire quelque chose qui peut sembler surprenant : c'est une bonne nouvelle.

Parce que ce qui est visible peut être travaillé.
Et ce travail-là , comprendre ce que tout cela dit de vous, peut changer bien plus que votre relation à l'ex.
Il peut changer votre vie !

C'est ce que je transmets dans mon accompagnement "L'école des sorcières" et celles qui l'on vécue le disent, finalement ces situations difficiles sont devenus une richesse sur tous les pans de leurs vies (si vous avez besoin d'entendre des témoignages positifs, n'hésitez pas à m'écrire pour me les demander) !

La jalousie


Elle n'est pas toujours liée à une rivalité directe. Elle peut porter sur le temps partagé avec lui, sur l'histoire commune, sur l'amour des enfants pour elle. Une jalousie qui dit souvent : j'ai besoin de me sentir unique et choisie dans cette relation, j'ai besoin de sécurité, d'amour.

La comparaison


Qu'elle se joue vers le haut (se sentir inférieure à l'ex) ou vers le bas (la dénigrer pour reprendre du pouvoir), la comparaison maintient un lien mental constant avec elle , et épuise considérablement sans jamais résoudre quoi que ce soit.

Mais elle est le signe de quelque chose à aller accompagner en vous, la comparaison est une stratégie de votre système qui peut être changé.

Le sentiment d'intrusion


Les conversations sur haut-parleur avec les enfants, les informations qui circulent via les enfants, l'ex qui sait tout de la vie quotidienne... Les appels régulier, sans forcément avoir de lien avec les enfants. Le sentiment de ne plus être chez soi, de vivre à trois dans un couple qui devrait être à deux.

Un sentiment qui épuise et qui peut amener à une anxiété chronique.

La colère et la rage


Face aux comportements intrusifs, manipulateurs, ou quand Monsieur ne pose pas de limites. La colère cache souvent de la peur ou de la tristesse profonde. Elle est une énergie de vie mais quand elle devient chronique et sans issues, elle consume tout.

La peur, jusqu'à la phobie


La sonnerie de téléphone qui paralyse. L'anticipation permanente. La toute-puissance prêtée à l'ex. Quand la peur devient irrationnelle et envahissante, elle s'installe dans le corps, dans les nuits, dans les moments heureux eux-mêmes.

Une belle occasion d'aller construire une sécurité intérieur et non une sécurité basé sur le contexte extérieur.

Le sentiment d'injustice


Les décisions du JAF qui semblent systématiquement favoriser l'ex. Les comportements sans conséquence. L'obligation de "prendre sur soi" alors qu'elle fait ce qu'elle veut. Le fait d'être parfois nommée dans les audiences sans droit à la parole. Ce poids particulier : avoir été évoquée au tribunal, avoir fourni ses fiches de paie et rester spectatrice de tout.

Le monde est fait d'injustice et c'est aussi une belle occasion d'aller accompagner ce sentiment dans votre système interne pour que l'extérieur ai moins d'impacte négatif sur vous.

Le sentiment de passer après


Passer après une histoire, après des enfants nés d'une autre relation, parfois habiter un lieu où elle a vécu. Ce sentiment touche à quelque chose de très profond : la place, la valeur, la légitimité de ce que vous construisez aujourd'hui.

La belle-mèrité fait expérimenter l'idée de créer une place, de se positionner, de s'affirmer.

L'isolement


Ce que vous vivez est déjà difficile à porter en interne.
Mais quand l'entourage s'en mêle, la belle-famille qui prend parti pour l'ex, les amis communs qui minimisent ou ne veulent pas entendre vos difficultés, votre propre famille qui ne comprend pas ou qui vous dit "fais avec", la solitude devient encore plus lourde.

Vous vous retrouvez seule à porter quelque chose que personne autour de vous ne valide vraiment.

Et cette solitude-là, souvent invisible, est l'une des dimensions les plus épuisantes de la belle-mèrité.

Ce que je constate aussi dans mes suivis, c'est que la belle-mère est souvent la grande oubliée de ces souffrances. Dans certaines situations, le père est soutenu par sa famille, ses amis, parfois même par des professionnels ,parce que sa douleur est visible, légitimée, nommée, ce sont "ses enfants", "son histoire".

Mais la belle-mère, elle, qui porte, qui soutient, qui absorbe, qui s'adapte, qui est pourtant en première ligne et profondément impactée par tout ce qui se passe , on ne la voit pas. Sa souffrance n'a pas de nom reconnu, elle est pourtant à la fois dans le rôle d'aidante mais aussi celle qui subi également.

Elle a le sentiment pourtant d'être dans la même voiture que Monsieur, mais à la place "du mort", sans possibilité de conduire la voiture, avec ce sentiment d'impuissance très fort.

Elle n'a pas de case. Et donc, trop souvent, elle n'a pas de place non plus dans l'accueil de ce qu'elle vit.

Et il y a quelque chose de particulièrement épuisant que l'on mentionne rarement :

l'ex qui s'invite jusque dans les moments heureux.

"On était à la première écho de notre bébé, et moi j'ai pensé qu'il avait déjà vécu ça. J'ai pleuré, il ne comprenait pas."

"Tout le long de mon mariage, je me suis demandée ce qu'elle allait faire pour gâcher ce moment."

"On était au restaurant, elle envoie un message avec des attaques.
Il ne répond pas mais moi, ma soirée était foutue."

LES BLESSURES D'ATTACHEMENT, UN ROLE CENTRAL

Les blessures d'attachement* jouent un rôle central dans l'intensité de ce qui est vécu face à l'ex.

Notre style d'attachement, c'est la façon dont nous avons appris, très tôt dans l'enfance, à nous relier aux autres et à gérer la peur d'être abandonnée, rejetée, ou de ne pas être aimée.

Ce schéma, construit dans nos premières relations, se réactive dans toutes nos relations importantes à l'âge adulte. Et en famille recomposée, avec la présence de l'ex, il peut se réactiver avec une intensité surprenante.

Certaines femmes vont ainsi percevoir la présence de l'ex comme une menace réelle pour leur sécurité émotionnelle et réagir avec une intensité qui peut sembler disproportionnée de l'extérieur, mais qui est parfaitement cohérente de l'intérieur. C'est le style anxieux : hypervigilance, rumination, besoin constant de réassurance.

D'autres au contraire vont se couper de ce qu'elles ressentent, minimiser, mettre de la distance parfois sans même réaliser à quel point la situation les affecte.
C'est le style évitant : une façon de se protéger qui peut donner l'impression que tout va bien, alors que quelque chose se consume en silence.

Dans les deux cas , et dans toutes les nuances entre les deux , ce n'est pas de la faiblesse. Ce n'est pas de la jalousie irrationnelle. C'est une réponse neurobiologique à une menace perçue, ancrée dans une histoire qui précède souvent de loin la famille recomposée. Et ça se travaille.**

* La théorie de l'attachement a été développée par le psychologue John Bowlby. Les styles d'attachement anxieux, évitant et désorganisé ont été documentés dans de nombreuses études cliniques comme facteurs de vulnérabilité émotionnelle dans les relations de couple et familiales.

** Pour aller plus loin : la conférence "Connais-tu ton type d'attachement et son impact sur ta vie ?" avec Lison Collonge, psychologue clinicienne, est disponible dans le Cercle Privé.


L'ex n'a PAS la télécommande
de votre bien-être


L'ex n'a pas autant de pouvoir qu'on pourrait le croire.

Elle n'a pas, en réalité, le contrôle sur votre vie intérieure , à moins que vous ne lui accordiez ce pouvoir.

C'est l'une des phrases les plus importantes que je répète dans mes accompagnements, et l'une des plus difficiles à intégrer vraiment.


Parce qu'il ne s'agit pas d'un effort de volonté.

Il ne s'agit pas de "décider" de ne plus être affectée.

C'est un travail, un vrai travail, en profondeur , qui demande de comprendre ce qui se passe en soi, de reconnaître ses propres blessures, de développer une sécurité intérieure qui ne dépend plus de ce que l'ex fait ou ne fait pas MAIS SURTOUT d'avoir des outils et des ressources concrètes !

Parce que comprendre ne suffit pas, il faut aussi comprendre concrètement comment on fait dans son quotidien pour ça.

Nelson Mandela, lors de ses 27 années de prison, disait à ses geôliers :


"Vous avez le pouvoir de me mettre en prison, mais pas de faire de moi un prisonnier."

Même dans les situations les plus contraintes, quelque chose reste libre, la manière dont on se positionne intérieurement face à ce qu'on ne peut pas changer.



Ce que vous ne contrôlez pas :

Les comportements de l'ex, les décisions du JAF, ce que les enfants répètent, la façon dont Monsieur gère ou ne gère pas la co-parentalité.

Ces réalités sont là. Elles pèsent. Et les minimiser serait vous faire un mauvais service.

Ce sur quoi vous avez un pouvoir réel :

La relation que vous construisez avec vous-même, ce que vous faites de ce qui est activé en vous, la sécurité intérieure que vous développez progressivement.

La belle-mèrité met tout au fluo: les fragilités, les blessures, les parts de soi restées dans l'ombre.
C'est épuisant. C'est parfois dévastateur. Et c'est aussi, quand on le traverse avec les bons outils, une occasion rare de se rencontrer soi-même de façon très profonde.

Et je ne vous dis pas ça comme une consolation, mais comme une réalité que j'ai vue se confirmer dans des centaines d'accompagnements !
OUI c'est possible.

CE QUE J'OBSERVE DANS MES ACCOMPAGNEMENTS

Les femmes qui sortent de l'emprise que l'ex exerce sur leur vie intérieure ne le font pas parce que l'ex a changé.

Elles le font parce qu'elles ont développé une solidité qui ne dépend plus de l'extérieur.

C'est le sens du Cercle Privé et de l'École des Sorcières deux espaces que je propose pour faire ce travail,
chacun à sa façon avec les outils et l'accompagnement qui vont avec.

POUR ALLER PLUS LOIN

J'ai enregistré une conférence que je vous offre gratuitement en bonus dans mon ebook en ligne : "Reprendre la télécommande de son bien-être", pour que votre bien-être ne dépende pas de l'extérieur.

Accéder au workbook et à la conférence →


La relation avec l'ex en famille recomposée n'est pas un sujet simple.

Ce n'est pas une question de caractère, de jalousie mal placée, ou de mauvaise volonté.

C'est un système complexe, avec plusieurs acteurs qui ont chacun leur propre histoire, leurs propres peurs, leurs propres blessures.

Ce que j'ai voulu faire dans cet article, c'est nommer. Nommer la diversité des situations. Nommer ce que vivent les belles-mères dans toute la complexité de leurs émotions. Nommer ce qui, sous tout ça, peut être travaillé et transformé, pour VOUS.

Parce que oui , même si la situation ne change pas, même si l'ex reste ce qu'elle est quelque chose peut changer. En vous.

SI VOUS VOULEZ ENTENDRE MON TÉMOIGNAGE SUR LE SUJET :

Si vous voulez entendre mon propre témoignage sur ce sujet, j'en parle dans plusieurs épisodes de podcast où je partage sans filtre ce que j'ai moi-même traversé en tant que belle-mère, et comment j'en suis sortie.

Belle-mère épuisée

The Cool Step Family (en 2 épisodes)


Le Cercle Privé
de La Douceur des Hérissons

Aller plus loin, entourée

Ce que cet article nomme,
le Cercle Privé vous permet de le travailler,
à votre rythme, entourée de femmes qui vivent les mêmes réalités,
avec des ressources professionnelles et spécialisées.


Plusieurs conférences y sont consacrées spécifiquement à ce que cet article aborde :

  • "L'ex et vous : apprendre à gérer les défis liés à l'ex" quand la mère de tes beaux-enfants prend trop de place dans ta tête, ton couple, ton cœur

  • "L'ex : défis et solutions" avec Vanessa Sève, ancienne avocate en droit de la famille et coach post-séparation

  • "L'enfant-objet au cœur de la famille recomposée " avec Maître Myrina Prestel, avocate au barreau de Bordeaux

  • "Comprendre Monsieur pour arrêter de t'épuiser " ou encore "les grands pièges de la communication en famille recomposée", car faire équipe et bien communiquer c'est la base.

  • "Les émotions taboues des belles-mères colère, rejet, jalousie, culpabilité" : ne plus les subir.

  • "Connais-tu ton type d'attachement et son impact sur ta vie ? " avec Lison Collonge, psychologue clinicienne

  • "Reprendre la télécommande de son bien-être" sortir du "je subis" et redevenir actrice de ta vie

  • "Défis émotionnels des belles-mères : comprendre et agir " avec Myriam Reymond, psychologue (TCC)

    ... et bien d'autres ressources, conférences et échanges vous attendent dans le Cercle.

    Avec aussi une session questions/réponses en direct avec moi, chaque mois

Questions fréquentes

Est-ce normal de souffrir même quand la relation avec l'ex se passe bien ?

Oui , et c'est l'une des souffrances les plus invisibles en famille recomposée. Quand l'ex et Monsieur s'entendent bien, l'entourage comprend encore moins pourquoi vous souffrez. Pourtant, cette entente peut générer un sentiment d'exclusion, de trop dans leur relation co-parentale, voire l'impression d'être de trop dans cette famille. Ce ressenti est légitime et mérite d'être pris aussi sérieusement que dans les situations conflictuelles.

Mon conjoint ne comprend pas pourquoi je réagis si fortement. Comment lui expliquer ?

Ce décalage de perception est très fréquent. Monsieur est souvent dans un registre pragmatique "elle appelle pour les enfants, c'est normal" sans percevoir les couches émotionnelles que cela active en vous. Non pas parce qu'il ne vous aime pas, mais parce qu'il n'est pas exposé aux mêmes dynamiques. Il porte lui-même d'autres choses. Ce décalage se travaille mais rarement seul et en plein conflit. Les deux conférences du Cercle autour de la communication en parlent.

Qu'est-ce que l'objectisation de l'enfant ?

C'est lorsque l'enfant est utilisé comme un objet dans le conflit entre adultes pour blesser l'autre parent, pour obtenir des informations, pour maintenir un lien ou une emprise. On entend aussi le terme "aliénation parentale", mais ce terme est controversé dans le monde clinique et judiciaire.

L'objetisation de l'enfant décrit la même réalité de façon plus précise : l'enfant n'est plus seulement un enfant à protéger il devient un outil. C'est l'une des situations les plus graves et les plus difficiles à traverser pour tous les membres du système.

Nous en parlons avec Maître Myrina Prestel, avocate au barreau de Bordeaux dans le Cercle.

Pourquoi est-ce plus difficile pour les belles-mères que pour les beaux-pères ?

Alors déjà, pour certains beaux-pères aussi c'est difficiles et ils traversent aussi les mêmes problématiques...
Mais plusieurs facteurs se cumulent. La place de belle-mère est culturellement floue et socialement peu reconnue. Les belles-mères assument davantage de tâches parentales que les beaux-pères à exposition comparable (DREES, 2023), tout en bénéficiant de moins de légitimité. Les attentes sociales à l'égard des femmes dans un rôle familial sont plus fortes. Et la place de la mère biologique reste culturellement centrale et "sacrée" ce qui rend la place de belle-mère d'autant plus incertaine à côté, sans parler de la rivalité féminine, de l'éducation donné aux filles...etc

Peut-on vraiment aller mieux si la situation avec l'ex ne change pas ?

Oui. C'est même l'un des apprentissages les plus génial et fort que j'observe dans mes accompagnements.
Les femmes qui traversent réellement ce chemin ne le font pas parce que l'ex a changé, ni parce que Monsieur s'est parfaitement positionné.
Elles le font parce qu'elles ont développé une sécurité intérieure qui ne dépend plus de ce que l'extérieur fait ou ne fait pas... et c'est un sacré cadeau pour tous les pans de sa vie non ?
Ce chemin existe.
Il demande de l'accompagnement mais il est réel !

Et maintenant, quel est ton prochain pas ?

Si tu es arrivée jusqu'ici, c'est que quelque chose en toi aspire profondément au changement.

Je t'ai préparé 2 ressources pour t'accompagner

Mon guide gratuit

Belle-mère : 10 façons de transformer tes épreuves en richesses

Ce que tu vas recevoir :

  • un guide avec des exercices concrets pour comprendre ce qui se joue vraiment en toi

  • 1 conférence audio BONUS "Arrête de subir la belle-mèrité"

  • Des clés pour que ton bien-être ne dépende plus des autres

Le Cercle Privé

La safe-place des belles-mères

Ce qui t'attend :

  • une communauté safe de centaines de belles-mères qui te comprennent

  • conférences mensuelles en live avec moi + replays

  • experts invités chaque mois (psy, avocates, coachs...)

  • une bibliothèque de ressources accessible 24/7

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